tigres-inde-reensauvagement tigres-inde-reensauvagement tigres-inde-reensauvagement
tigres-inde-reensauvagement tigres-inde-reensauvagement tigres-inde-reensauvagement
Qui est vraiment le tigre ?
Europe:ressusciter les tigres
occidentaux
Les félins d'Europe
Avenir des tigres captifs
Le syndrome du félin géant
Sibérie, noyau d'une civilisation
pluricontinentale
Amérique du Nord: 10 000 tigres captifs et des grands espaces...
Afrique: des terres australes
accueillantes
L'inde et le Mahabharata
Chine l'empire du million de tigres !
Remerciements et bibliographie
Partenaires
Nous contacter

 

L'empire du million de tigres

 

A l’été 2007, les tigres sauvages sont au bord de l’extinction. Probablement moins de 1500 individus vivent encore dans la Nature, sous la menace permanente du braconnage.
La première extinction d’une espèce de grand félin depuis la fin de l’époque pleistocene dans le monde intervient dans l’indifférence générale.
L’animal concerné est considéré par une grande majorité d’êtres humains comme le plus bel animal vivant sur la Terre.
Il est  le plus volumineux de la famille des félins (le seul dont le pelage soit strié en partie, et qui plus est, dans des coloris extrêmement contrastés.
Il est également une divinité éternelle et le Protecteur de la Civilisation Chinoise.
Dans une telle situation, il est indispensable que la Chine prenne une initiative originale et vigoureuse pour restaurer le symbole et le cœur de sa culture, lui assurer l’avenir, et faure entrer l’humanité dans un cercle vertueux dans ses relations avec les grands animaux sauvages partout dans le Monde.

 

  1. Au delà de l’oubli : histoire du binôme Chine/Tigre comme association symbiotique

 

Jusqu’au pleistocene supérieur (il y a 20 000 ans), la Chine est recouverte de forêts épaisses non seulement dans sa partie méridionale mais aussi dans sa partie septentrionale, celles – ci étant des taïgas. Ce fait implique une forte présence d’animaux tropicaux, qui peuvent développer des races adaptées au froid, comme le tigre de Sibérie ou le léopard de l’Amour.
Depuis plus de 1,5 million d’années, à partir du bassin du Fleuve Jaune les tigres se sont répandus sur des espaces immenses, au Nord au delà du cercle arctique (îles Liakhov au Nord de la Sibérie, Yakoutie orientale, Kamtchatka, Alaska), à l’Ouest au moins jusqu’au lac Baïkal, au Sud au moins jusqu’à Bornéo, et peut – être à Sulawesi (Célèbes). A cette époque glaciaire, cet ensemble géographique constitue un territoire continu, sans obstacle marin.
Cette faune est extrêmement riche : aux côtés de grands carnivores, évoluent des tapirs, des éléphants, deux espèces de rhinocéros…
A cette époque, quand des groupes humains encore peu nombreux vivent dans les régions du Nord, la Chine mérite indéniablement le titre de « l’Empire du million de tigres », tandis que les autres territoires Eurasiens, ainsi que l’Amérique du Nord, constituent l’immense empire des lions.

Des modifications environnementales importantes interviennent à la fin du Pleistocene.
Elles sont déterminantes pour le développement rapide de communautés humaines dans le bassin du Fleuve Jaune (Hoang Ho).
Les forêts de Chine du Nord disparaissent alors assez vite, et les tigres migrent alors massivement, d’abord vers la Chine occidentale, puis plus à l’Ouest en Eurasie.
La progression des tigres coïncide également avec une régression des lions. La fin de l’ère glaciaire provoque en effet des bouleversement écologiques fondamentaux sur le couvert végétal, favorable aux tigres et défavorable aux lions. D’une part, la forêt tropicale submerge l’Inde. D’autre part, la Chine occidentale et la Mongolie verdissent considérablement, ce qui installe un paysage de hautes herbes beaucoup plus favorable aux tigres que ne l’était le paysage précédent, à la fois très ouvert et relativement aride, et où les lions évoluaient en maîtres absolus.
Qui plus est, un important développement des communautés humaines dont les interactions sont beaucoup plus importantes avec les sociétés de lions qui partagent avec eux des milieux très ouverts qu’avec les noyaux familiaux de tigres dans des environnements beaucoup moins accessibles aux hommes.
Un développement important des populations de tigres s’opère en Inde et en Asie tropicale (qui aboutira au 15ème siècle, à la présence de plusieurs centaines de milliers de tigres dans cette région, après une substitution progressive du tigre au lion dans la réalité comme dans la mythologie indienne).
Dans le même temps (période neolithique, de 7000 à 4000 ans avant notre ère, la Chine occidentale devient un véritable paradis pour les tigres dans un univers de hautes herbes. Ces animaux y deviennent alors les prédateurs dominants et y développent, en adaptation à ce  milieu, une robe particulière, composée exclusivement de stries très proches les unes des autres (les ocelles géantes lancéolées présentes habituellement chez ces animaux tendent alors à disparaître).

En Chine (correspondant à la Chine orientale actuelle), les tigres connaissent une importante régression après la dynastie Shang (qui révérait l’animal comme un Dieu et un Protecteur de la Monarchie. Le recul intervient du Nord vers le sud (il interviendra, beaucoup plus tard, d’Est en Ouest). Il ne s’agit pas d’un processus continu. Beaucoup d’évènements dans l’histoire chinoise impliquent d’importantes fluctuations dans les populations de tigres et leur distribution.
C’est particulièrement vrai en Chine du Sud, où trois variétés distinctes sont plus ou moins présentes en fonction du contexte socio politique.
De nouvelles modifications climatiques modifient la donne en Chine occidentale. Une aridification intervient entre 4000 et 2000 ans avant notre ère. C’est l’époque de la constitution du désert du Taklamakan. Les tigres ultrastriés, privés de leur couvert végétal, mèneront désormais une existence beaucoup plus discrète, voire élusive, dans des roselières eurasiennes en proximité immédiate de certains cours d’eau ou de lacs, et dans certaines forêts. Leur disparition de Chine occidentale provoquée par l’aridification les coupent définitivement de leurs congénères orientaux. Ils constituent à partir de cette époque une
 sous - espèce, le Tigre de la Caspienne (Panthera tigris virgata) qui sera présent à l’Ouest au moins jusqu’à la Mer Noire. Il sera alors connu des Grecs qui installent des comptoirs dans la région, avant d’étendre leur influence jusqu’à Samarkand.  Il sera un des symbôles importants des civilisations scythes et Mongols d’Asie centrale.
Peut – être des tigreaux récupérés par des cavaliers ont – ils été dressés à devenir des auxiliaires de chasse de ceux – ci, où ils étaient portés en croupe – comme ce fut le cas de guépards, de lynx et de léopards, le cheval, l’homme et le félin constituant un trinôme symbiotique illustrant  la force et le génie des civilisations nomades qui ont dominé les steppes d’Asie centrale jusqu’au 16ème siècle.
Dans les régions septentrionales, le tigre de Sibérie revient dans le bassin du Fleuve Jaune. Les paysans batissent à son intention des petits temples en remerciement de son impact sur les populations de sangliers qui tendent à endommager leurs récoltes.
Par ailleurs, de petites communautés (telles que les Oroques à Chaylai, par exemple) continuent à protéger le félin, considéré comme leur ancêtre et donc en rapport avec ce culte (avec dans certains cas, une vénération spécifique, ici pour le Tigre Blanc, là pour le Tigre Noir).

Alors qu’ils étaient presque exclusivement chinois pendant une bonne partie du pleistocene, les tigres sont donc devenus majoritairement indiens au cours de la période historique (où ils s’étaient installés seulement il y a 15 000 ans), le rapport aux animaux dans ce pays leur ayant offert des conditions particulièrement favorables et même unique au monde. Des modifications importantes (en l’occurrence une péjoration significative) dans les relations entre hommes entre hommes et tigres interviendront avec l’invasion puis la domination musulmane sur une partie importante du territoire indien, puis, à partir de 1750, avec la main mise de l’Angleterre via une compagnie aux multiples ramifications, celle – ci prendra une dimension fatale.
En Chine, l’ensemble des variétés de tigres continentaux restèrent présents au moins jusqu’en 1930, miroirs des 5 tigres symboliques protecteurs et défenseurs de l’empire, gardiens du centre et des quatre points cardinaux.
Il y avait 40 000 tigres sauvages en Chine en 1900. Mao Tse Toung habitait à cette époque dans la vallée paradisiaque de Shaoshan (province du Hunan). Il n’y avait ni route ni rivière navigable, et les villageois vivaient en harmonie avec une nature exubérante (300 espèces d’arbres, dont des érables, des camphriers, des metaséquoias, des ginkgos, au milieu desquels évoluaient sangliers, tigres et léopards. Il était nécessaire, pour se rendre au village voisin, de franchir une montagne par « le col du tigre au repos », passage appelé ainsi car ces animaux avaient coutume d’aller s’y chauffer au soleil (Alexandre Dumas mentionna une anecdote comparable pour une vallée du Caucase au 18ème siècle : le passage était alors occupé par un tigre de la Caspienne qui demandait de la nourriture aux voyageurs avant de les laisser passer).
Il restait encore  4000 tigres de Chine du Sud en 1949 (ils furent alors exterminés comme animal nuisible, comme l’avait été le tigre de la Caspienne en Russie à partir de 1912), il en reste beaucoup moins de 30 aujourd’hui (aucun n’a été vu depuis des décennies, des empreintes observées dans les années 90 correspondent peut – être à une douzaine d’individus). Les quelques dizaines d’individus captifs de la variété de Chine du Sud ne se reproduisent pas en captivité, contrairement à leurs congénères indiens ou sibériens.

  1. La Civilisation Chinoise : une culture du tigre ; les Chinois : les fils du Tigre

 

Le tigre est au cœur de la culture chinoise, il en est l’un des deux esprits et âmes les plus puissants (avec le dragon).
Et dans toute l’Asie du Sud, il est considéré comme le maître d’initiation.
Il est aussi en rapport avec la richesse (le Dieu de la Richesse a comme monture un tigre noir) et la providence (il va, dans certains cas, jusqu’à sauver un homme piégé dans une fosse).
Et peut – être plus que tout ; il est le protecteur universel.
Un Protecteur Politiqu : il protège les jeunes princes dans sa gueule, et les 5 tigres célestes défendent l’Empire à ses quatre points cardinaux comme en son centre.
Il est le symbole de la royauté. Il incarne la dignité, le courage, la vaillance.
Les premières dynasties chinoises considéraient le tigre comme leur père et ancêtre.
Un Protecteur Economique : il protège les cultures, ainsi que les plantes médicinales comme le Gingsen.
Un Protecteur Social : il protège la vie des êtres humains contre les démons, et leur apporte la fertilité biologique, la prospérité, le bonheur.
Un Protecteur Ecologique : il protège les montagnes et les forêts.
Un Protecteur Souterrain, Marin, et Cosmique : après sa mort, il continue à protéger le Monde à la fois depuis le cœur de la Terre, par l’ambre, qui est « l’Esprit du Tigre » et depuis la Voie Lactée. Ils peut même protéger les Chinois contre eux – mêmes et leurs excès : le héros Old Huang, possesseur de puissants pouvoirs magiques, s’éloigne progressivement d’un comportement respectable, et finit par être tué par un tigre blanc marin.
Il entretient de fréquentes et harmonieuses relations avec les sages et les moines : il les protège et ceux – ci prennent soin de lui.
La Sagesse apporte la Protection.

De fait, il n’y a pas de séparation entre hommes et tigres sans la culture traditionnelle de l’Asie du Sud.
Les Tigres sont considérés comme parents et ancêtres non seulement en Chine mais aussi en Corée,Thaïlande, Laos, Cambodge, birmanie, Malaisie, Indonésie.
Les légendes des hommes tigres, qui peuvent apparaître sous une forme ou l’autre, est très présente partout (voir le film thaïlandais « Tropical Malady », 2004, prix spécial du Jury à Cannes).

Pour toutes ces raisons, de nombreuses communautés révéraient le tigre et ne le tuaient pas.
Ils prenaient spontanément soin de lui, comme ils l’auraient fait d’un membre âgé de leur famille.

  1. Comment le Peuple du Tigre peut mener l’une de ses actions les plus patriotiques et les plus rédemptrices.

 

UN NOUVEAU STATUT POUR LES FERMES A TIGRES
Les tigres sauvages ont décliné pour de nombreuses raisons partout en Asie (invasion humaine de leurs milieux de vie et destruction de ceux – ci, massacres directs pour motifs commerciaux ou récréatifs, et, ce qui est sans doute le plus important et détermine en grande partie les attitudes précédemment citées, une dégradation – et même une rupture- artificiellement induite dans les relations entre communautés villageoises et le grand félin où elles étaient harmonieuses, c’est – à – dire sur la majorité de l’aire de répartition de l’animal jusqu’au XXème siècle.
Dans les années 80 et 90, les fermes à tigres ont sans aucun doute joué un rôle désastreux pour la survie du tigre sauvage : animaux capturés dans la nature et destruction des noyaux familiaux, braconnage industriel lié au trafic des produits tirés du corps de l’animal.
Qui plus est, les animaux captifs étaient d’une grande pauvreté génétique (utilisation régulière du même mâle pour inséminer des dizaines de femelles) et connaissaient une très grande mortalité. Leurs corps étaient alors dépecés (récupération de la fourrure) mis à macérer dans de l’alcool de riz récupération rapide des os destinés à être réduits en poudre pour la confection du fameux « vin de tigre », décoction traditionnelle de la pharmacopée chinoise, mais cette fois ci produite à échelle industrielle.
 Les objectifs fixés à ces établissements étaient (et restent jusqu’à présent) strictement commerciaux, avec un volet touristique secondaire (certains tigres sont lâchés dans des espaces ouverts où ils tuent et consomment des proies vivantes – du poulet au buffle – qui leur sont offerts pour la plus grande joie des spectateurs).
A partir de 1993, un embargo international sur le commerce des produits dérivés du tigre fut ratifié par le gouvernement chinois. Certains que celui – ci serait à la fois peu respecté et levé rapidement, les responsables des fermes à tigres stockèrent alors dans des chambres froides les cadavres des tigres morts de causes diverses au sein des fermes, dans l’attente de leur utilisation commerciale ultérieure.
Depuis lors, les techniques de reproduction de ces élevages se sont améliorés : les portées sont régulières avec un taux de survie des tigreaux beaucoup plus élevé.
Il y a plus de 5000 tigres dans ce type d’établissement en Chine et les propriétaires estiment qu’ils ont désormais les outils zootechniques permettant une production de 100 000 tigres en 2020.
Une modification de l’approche dans les objectifs des fermes à tigres pourraient induire des programmes de réensauvagement avant introduction dans des espaces sauvages préparés (essences végétales adaptées, réenrichissement en proies naturelles) d’une partie significative de ces animaux.
La controverse actuelle autour de l’assouplissement encadré ou du maintien strict de l’embargo n’a finalement que peu d’intérêt, par rapport à l’enjeu de revivification des populations de tigres sauvages par l’intermédiaire de plans de réensauvagement de tigres captifs, comme en mène à son échelle aujourd’hui Li Quan, courageuse présidente de la petite association « Save Chinas Tigers » (voir News du 14 Juillet 2007).
Des questions importantes restent néanmoins ouvertes sur plusieurs points.
En premier lieu, la légalisation du commerce aura t-elle un rôle positif (effondrement des prix) ou négatif (effet d’emballement sur le braconnage comme ce fut le cas dans les années 1984 – 1993) ?
En tout état de cause, même dans le premier cas de figure, eu égard aux conditions économiques dans lesquelles évoluent la majorité des populations rurales d’Asie tropicale, personne ne pourra jamais empêcher un braconnier de proposer sa marchandise sur un petit marché d’Asie du Sud, fut ce pour une somme relativement modique.
D’autre part, et peut être surtout, la légalisation du commerce entraînerait un renforcement et une amplification de modes de consommation qui constituerait une menace permanente et croissante pour les tigres. Il ne fait aucun doute que les nouveaux riches russes, les membres de la jet set européenne, les riches américains et australiens et au delà, tous les parvenus du monde entier qui ne visent qu’à leur ressembler trouveraient du dernier chic de consommer du tigre. Les phénomènes de Mode ont  déjà montré, de nombreuses fois dans le passé lointain comme récent les ravages qu’ils pouvaient infliger à la faune, la flore et l’environnement de pays pas ou peu concernés par ce phénomène, mais dont l’économie se réorientait alors pour le satisfaire. Les esclaves en Afrique, les castors en Amérique du Nord, les oiseaux d’Amérique du Sud et de Nouvelle Guinée, les grands félins tachetés ont tous payé au prix fort la mise en place de tels mécanismes.
Une très légitime prudence invite donc à déshabituer de ce genre de consommation ceux qui ont coutume de la pratiquer pour l’heure, même si ceci apparaît de prime abord contraire à une tradition millénaire (le goût des bonnes choses étant un aspect social très important dans la civilisation chinoise, puisque dans la mythologie, même l’animal le plus sacré, le dragon peut se retrouver dans un élevage royal « une dragonnerie » et le couple royal ont la joie de goûter la chair d’un de ces animaux).
 Les Chinois (parmi d’autres) pourraient changer assez rapidement leur regard social sur les produits du tigre (comme pour les cigarettes aux USA) aidés et vectorisés par une implication explicite des autorités politiques.L’expérience de la viande de baleine au Japon et en Corée du Sud a montré que des habitudes alimentaires apparemment solidement ancrées peuvent disparaître en moins d’une génération, comme l’a montré l’article sur ce sujet dans The Ecologist (2006).
Ce sera certes sans doute plus difficile en Chine, pays encore majoritairement rural où les habitudes évoluent à un rythme différent.
Mais l’Histoire chinoise regorge d’exemples où la volonté clairement affichée des autorités de changer la donne débouche toujours sur des résultats spectaculaires.
Et en tout état de cause, la consommation de portions de tigrew ne peuvent guère être plus profitables à ces animaux que ne l’est la consommation des ailerons pour les requins.

Une réorientation globale des objectifs fixés aux centres de reproduction, clairement définie et menée au niveau politique, est de nature à revivifier la culture du Tigre en Chine, et trouver des solutions dignes pour les tigres présents actuellement dans les fermes. Autant que possible, certains pourraient être réintroduits dans la Nature après une phase de préparation, ce qui contribuerait à sauver non seulement ces animaux, mais les zones sauvages destinées à leur accueil et livrées sans cela à l’appétit insatiable des promoteurs les plus gourmands et les plus naturophages au monde à l’heure actuelle.
D’autres, en contact régulier avec le public chinois, seraient d’efficaces agents de réhabilitation d’une culture de l’harmonie entre hommes et animaux sauvages.
De ce point de vue, des plans de réintroduction de tigres dans des espaces sauvages tibétains serait un signe très fort donné par la Chine de retour à ses fondamentaux biopolitiques, après les terribles années d’errements des années 50, où le tigre géant des montagnes (encore présent à quelques exemplaires au Népal et au Ladakh aujourd’hui) fut extirpé du Tibet par les forces militaires chinoises, en même temps que le tigre de Chine du Sud .
Grâce à Li Quan, ce dernier va être réintroduit dans les années à venir.
Si celui ci peut l’être, pourquoi pas celui là ?

De fait, les Chinois ont le plus grand intérêt à prendre résolument l’initiative d’un vaste Plan de Préservation des Tigres à l’échelle mondiale, qui impliquerait une responsabilité cruciale de l’Inde, et plus encore des USA et de l’Europe, dans son succès ou son échec.
Des fermes à tigres au statut et aux buts clairement modifiés seraient des outils performants pour :
- la constitution de populations de tigres très importantes (plusieurs dizaines de milliers d’individus en quelques années) et la constitution concomitante d’un pool génétique diversifié
-la présentation d’un Projet Tigre Mondial, basé sur des plans de réensauvagement et d’adaptation à des zones sauvages en Chine (le promoteur devant par définition donner l’exemple), mais aussi dans de nombreux autres pays d’Asie, ainsi qu’en Inde, en Russie, voire d’autres territoires sur d’autres continents. tels que la Turquie et l’Iran, d’une part, l’Afrique, et éventuellement l’Amérique.
Car la protection du tigre est  une responsabilité première des Chinois, qui, en tant que fils du Tigre, doivent accorder une attention et des soins particuliers à leur ancêtre aujourd’hui menacé en partie par leur comportement contraire à l’Ordre du Monde.

Mais la protection du tigre est aussi, désormais, une responsabilité concrète de chaque pays.
Et de ce point de vue, Inde et Russie savent fort bien ce qui doit être fait pour protéger et renforcer leurs populations de tigres sauvages, comme ils l’ont largement prouvé par des résultats spectaculaires dans le passé.
S’ils le veulent à nouveau, ils le peuvent, et facilement.
Et que dire de l’Europe, dont la responsabilité dans la situation actuelle du Tigre est, de loin, la plus écrasante, et les USA, qui possèdent plus de tigres captifs que tous les autres pays du monde réunis, Chine incluse, le seul Texas comptant 1 tigre pour 2000 habitants, densité la plus forte au monde, et de très loin ?
L’une comme les autres doivent agir concrètement, sur leur propre territoire, pour assurer un avenir à des tigres sauvages.
Il ne s’agit pas seulement là d’une exigence de dignité à retrouver et de courage politique, mais aussi et en premier lieu d’une simple prise en compte des évidences.
Le changement climatique qui s’opère a des incidences telles sur les glaciers himalayens que les derniers sanctuaires tropicaux du tigre, deltas du Mekong d’une part, de la confluence Brahmapoutre /Gange/Meghna d’autre part, vont être soumis à de terribles processus d’aridification.

UN EXEMPLE ENCOURAGEANT : L’EXPERIENCE SUD – AFRICAINE DE LI QUAN

Depuis 2003 li Quan présidente de l'association save china's tigers , a engagé une initiative unique au monde de délocalisation de 4 tigres de Chine du sud captifs en Afrique du Sud, avec pour objectif un réensauvagement de ces animaux dans ces grands espaces avant un retour dans des zones sauvages en Chine. Ce retour devrait se produire à l'horizon 2010-2012.L'un des tigres, décédé, a été remplacé en avril dernier par un congénère en provenance du zoo chinois de Suzhou.

Le choix de l'Afrique du Sud est également motivé par la qualité des zootechniciens, dont l'expérience et le savoir-faire s'avèrent déterminants en pareil cas.

Avec l'aide de son mari, l'homme d'affaires Londonien Stuart Bray, elle a acquis trente trois mille hectares dans la vallée de Laohu en Chine. Dans le même temps elle a fait pression auprès des autorités chinoises pour la création de réserves à destination des tigres réensauvagés. Depuis deux réserves de quinze mille et dix-huit mille hectares ont été créées . Elles devraient accueillir un jour les rejetons des tigres sud africains. Le réapprentissage de la chasse par les tigres est dores et déjà un succès. L'étape cruciale à venir reste la reproduction des animaux .

L'espoir est que les générations suivantes n'aient plus de contact avec les humains et s'adaptent rapidement à leur nouvel environnement.

L'initiative de Li Quan répond à une urgente nécessité :

éviter l'extinction aux tigres de chine du sud

 

 

 
 
Alain Sennepin - Rathier 42830 Saint-Priest-la-Prugne FRANCE- Tél:04 77 62 94 37