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 TIGRES DU NORD ET CIVILISATION SIBERIENNE :
DES ÎLES LIAKHOV A LA CALIFORNIE

 

 Depuis le début des années 2000, les tigres de Sibérie sont poussés à l’extinction dans un processus brutal et rapide qui paraît inexorable. Ces animaux officiellement protégés subissent les pressions conjuguées et cumulatives de la déforestation, des réseaux de trafic d’animaux sauvages « en pièces détachées » d’extrême Orient, et de la véritable haine que leur vouent les populations villageoises, phénomène dû à la compétition pour le territoire et la nourriture.
L’hiver 2001 connut une température de 10 degrés au dessous de la température habituelle. Par ce froid, la neige gèle et empêche les félins de s’approcher sans bruit de leurs proies. De plus, le nombre de daims baissa de façon dramatique. 80% des tigres nouveau – nés moururent de faim et de froid, et les prédateurs adultes survivants étaient souvent trop faibles pour chasser.
Il restait au plus 200 à 250 tigres de Sibérie à l’état sauvage en 2003, c’est – à – dire avant l’extraordinaire dégradation de leurs relations avec les villageois .
En 2002 et 2003, d’immenses incendies détruisirent la taïga et sa grande faune dans les régions à tigres, ce qui poussa les survivants à se rabattre sur le bétail des villageois, avec des conséquences relationnelles catastrophiques.
L’hiver 2006  s’avéra être le plus froid depuis 1901, soit encore plus rigoureux que celui de 2001 dont nous venons de décrire les conséquences…
La destruction et le découpage des espaces forestiers, la diminution vertigineuse des effectifs de cerfs et de sangliers, poussent les tigres vers les villages.
France 3 avait diffusé, le 11 décembre 2005 à 17h 55 mn, un documentaire intitulé : « Ceux qui marchent dans les pas du tigre » (réalisateur : Guillaume Vincent).
Il y est notamment montré comment les grands tigres mâles s’aventurent parfois hors de « leur réserve » lorsque le gibier s’y fait trop rare, pour attaquer le bétail des villages alentour.
Et comment les autorités font purement et simplement éliminer ces grands mâles. Des tireurs assermentés piègent les animaux, les anesthésient, puis les abattent.
Cette émission fait écho à un autre reportage, réalisé par la société SCANDINATURE, diffusée sur ARTE une première fois à l’automne 2004, puis rediffusée en Août 2006 : « le dernier feulement du tigre ». Celle – ci montrait la « logique de guerre »  dans laquelle étaient entrés hommes et tigres dans l’extrême – orient russe. La survie, de plus en plus difficile pour les uns comme pour les autres, amenaient les deux prédateurs à une compétition pour la nourriture et le territoire, s’exprimant à travers une haine réciproque. Les uns abattaient les autres à tour de bras, et affichaient leur volonté d’exterminer « la vermine ».
Les grands félins ne dévoraient pas les chasseurs qu’ils tuaient, mais broyaient et pulvérisaient les corps de ceux – ci dans un acharnement et une fureur exaltée symptômatiques.
Ces terribles évènements semblent être le remake de la situation de guerre totale entre hommes et tigres géants dans la zone couvrant l’extrême orient russe, la Chine du Nord Est  et la péninsule coréenne au cours des années 1880 – 1930.
Pour le seul mois de Juin 2007, 5 tigresses ont été tuées, 4 d’entre elles par des braconniers et la dernière écrasée par un autocar.
Des bûcherons ont pu récupérer 3 de leurs tigreaux orphelins et les amener à un refuge pour animaux sauvages.
Le même mois, un tigre déambulant en pleine ville s’est avéré atteint de la maladie de Carré, ce qui aggrave encore, à très court terme, la menace d’extinction pesant sur les tigres de l’extrême – orient russe.
En 2007, et ce pour la troisième fois en 70 ans, les tigres de Sibérie voient donc la mort en face.
Il est quasiment certain qu’à l’heure actuelle, il ne subsiste que quelques dizaines d’individus (pas plus de 50 en tout état de cause), les chiffres officiels, cautionnés par le WWF (environ 500) étant parfaitement fantaisistes et ne cherchant qu’à masquer la gravité du problème et l’urgence de mesures radicales , qui seraient « trop gênantes » pour la plupart des acteurs locaux.

De fait, au printemps 2007, les chiffres officiels de quelques centaines d’individus correspondaient en réalité aux effectifs réels des tigres indiens. Par exemple, un rapport publié par ABC et daté du 30 Août 2006 estime la population réelle des tigres des mangroves sundarbans, dans le delta du Gange, à 60 individus au lieu des 250 des précédentes estimations.
C’est la fin programmée, à très brève échéance, de tous les tigres sauvages.

 

Doit – on alors se résigner à « l’inéluctable » ? Après l’extermination, au cours du XXème siècle,  du tigre de la Caspienne dans les zones méridionales de la Russie et  dont les effectifs étaient bien plus importants que ceux des tigres du Nord, va t-on connaître le remake d’un drame inqualifiable ?
L’Histoire nous montre qu’au contraire, l’imagination combinée à la détermination peuvent être étonnamment efficaces.
Les tigres du Nord se sont déjà trouvés dans une situation comparable dans le passé (au moins par deux fois).
Des méthodes non conventionnelles adaptées au contexte leur ont sauvé la mise.

Voyons donc ce que nous enseigne le passé, et comment ouvrir un futur aux félins géants qui, si rien n’est entrepris, ne passeront pas l’année 2007.
  Le caractère dramatique de l’extinction n’aurait d’équivalent que celui du grand lion des cavernes des temps préhistoriques.

A l’époque pléistocène, les tigres du Nord avaient une aire de répartition extrêmement vaste. Ilsétaient à la fois circum – arctiques (ils étaient présents dans les îles Liakhov, à plus de 72° de latitude, et Beringiens (leur présence  est aussi attestée dans l’actuel Alaska il y a 100 000 ans. (Turner et Anton, Big cats and their fossile relatives, 1997, Columbia University Press, NY). Ils étaient probablement dans la péninsule du Kamtchatka. Leur aire était plus septentrionale lors des périodes interglaciaires.*

A l’époque historique, les tigres du Nord régnaient sur un territoire immense, allant, du sud – est au nord – ouest, des berges du fleuve jaune en Chine du Nord jusqu’au cours supérieur de la Léna (Transbaïkalie)à l’Ouest, à Sakhaline, à l’Est.
Expulsée très tôt de Chine du Nord,
la race put néanmoins continuer à s’épanouir sur le reste de son aire de répartition au moins jusqu’au 16ème siècle.
L’expansion russe vers l’Est à partir de cette époque réduisit très progressivement ses prérogatives écologiques dans la partie occidentale de son aire de répartition. C’est surtout à partir du 18ème siècle que les coureurs des bois de la Grande Catherine, spécialisés dans la fourrure de zibeline puis, une fois parvenus sur la côte orientale, dans celle de loutre marine, entrèrent en compétition avec les grands fauves  (c’est à la même époque que le commerce des castors atteint son apogée en Amérique du Nord).
La réduction de ses marges occidentales fut toutefois compensée en partie par un nouvel âge d’or à l’Est, à partir des années 1650. Le pouvoir mandchou interdit aux paysans chinois toute exploitation de la Mandchourie pendant près de deux siècles et demi. La population des grands félins connut alors une augmentation continue, et les tigres « redescendirent » même aux bords du fleuve jaune.
1880-1930 : la guerre
A partir des années 1880, la situation se dégrada à nouveau , apparemment de façon irréversible, de tous côtés. L’anarchie et les révoltes paysannes en Chine furent fatales au grand prédateur. Qui plus est, la  Russie extrême – orientale connut une rupture écologique probablement aussi grave qu ‘actuellement. Les conflits entre hommes et grands prédateurs se multiplièrent. Les animaux fréquentaient les villes où ils agissaient volontiers en mangeurs d’hommes et on en abattait 150 par an.
Les ouvrages de Nicolas Baïkov –qui est à la fois le J.O. Curwood, F.Cooper et J.London russe- (« Le grand Van, histoire d’un tigre de Mandchourie », « Mes chasses dans la taïga de Mandchourie », republiés en œuvres complètes par les éditions Payot en 2002) et le Mémoire de Vladimir Arseniev « La Taïga de l’Oussouri » évoquaient donc un monde en pleine crise, où l’harmonie entre populations et nature sauvage appartenaient au passé.
Dans la péninsule coréenne, les habitants voient leurs armes confisquées par l’occupant Japonais, et les grands tigres pénètrent dans les maisons pour chercher leurs proies.
Certains individus ( comme celui de l’île de Chindo, sud – ouest de la Corée, d’une taille et d’une apparence singulières) sont de véritables équivalents de ce que fut la Bête du Gévaudan en France au 18ème siècle.
Les habitants font alors brûler les forêts pour en finir avec la menace que les tigres font constamment peser sur les villages.
Dersou Ouzala, le personnage principal du mémoire d’Arseniev et guide de l’explorateur, est saisi d’une peur panique après avoir tué un tigre de Sibérie. Redoutant la vengeance de l’Esprit de la forêt, il fuit la taïga où il a toujours vécu et en meurt.
Il fut la victime d’une époque de déchirure entre l’homme et la Nature, où le destin est de rencontrer Amba, qui veut dire la Mort.
Connaissant mieux que quiconque la situation réelle de la nature mandchoue en 1906/1908, profondément affecté par les chasses aux grands fauves conduites par les officiers russes de la base de Vladivostok comme par les saccages des chinois du Nord, il observait une Mandchourie  complètement ravagée.
Il dit ainsi à Arseniev : « Il ne reste plus que des chiens, des corbeaux et des rats ».

Au début des années 1930, les grands tigres n’étaient plus que quelques dizaines (environ 30), soit une situation tout à fait comparable à celle d’aujourd’hui, et leur extinction paraissait inéluctable.
 Une politique  énergique de protection totale permit alors aux effectifs de se reconstituer progressivement sur un espace immense de 150 000km2 , pour approcher les 800 individus au début des années 1980.
La période suivante fut à nouveau marquée par un épouvantable recul : l’instabilité politique de cette période – fin des années 80 et début des années 90, a été une catastrophe absolue pour les tigres, braconnés à hauteur de 60 individus par an (chiffre officiel, le chiffre réel apporté par les observateurs locaux étant de 90 tigres par an), et qui se retrouvèrent dans le même état qu’au début des années 30.
En 1994, alors que tout semblait perdu, fut déclenchée, avec une aide extérieure importante, l’opération « Amba ».  L’intitulé d’une telle initiative était à double sens. Pour les populations autochtones de la Taïga, le tigre « Amba » est l’esprit de la forêt, son âme. La forêt sans tigre n’existe plus, elle n’a plus aucune valeur.
Mais « Amba » signifie aussi « la Mort ».
Des équipes anti braconnage, composées de personnes fortement motivées et connaissant bien le terrain, firent alors merveille.
Pour un coût modeste (moins de 750 000 dollars au total), avec l’appui sans réticence des autorités et une intense propagande parmi la population, l’opération réussit, pour quelques années, à renverser à nouveau le sens de l’évolution et assurer la survie de l’animal, dont les effectifs remontèrent rapidement à plusieurs centaines d’individus, et approchèrent même, au début 2000, les niveaux du début des années 80.
Mais la suite fut fort différente, comme nous l’avons explicitée plus haut.
Aujourd’hui, les Toungouses continuent à considérer « Amba » comme un membre de leur famille. Ils ont le sentiment que leur sort est lié à lui. Ils pleurent la fin du « tigre frère » et l’exploitation de leur territoire. Ils savent que si le tigre disparaît, eux – mêmes sont condamnés.
L’extermination d’un grand fauve implique TOUJOURS la destruction d’une (ou de plusieurs) cultures étroitement articulées sur sa présence. Elle implique la chute des populations dans la misère et la désespérance.

 

Du fait du caractère particulièrement dramatique de la situation actuelle, l’appel à la mobilisation de l’opinion publique russe par des personnalités populaires faisant l’objet d’un respect et d’une admiration unanimes
(peut - être l’écrivain Alexandre SOLJENITSYNE, bien connu  pour son engagement constant en faveur de la nature et de l’environnement, pourrait il être sollicité) est bien sûr nécessaire mais nullement suffisante.
C’est la distribution des tigres du Nord qui doit être redéployée.

CULTURE SIBERIENNE, CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ZONES CIRCUM ARCTIQUES EURO – AMERICAINES.
Les cultures sibériennes traditionnelles ont eu une influence énorme sur la Chine du Nord, centre politique du pays, et donc sur la civilisation chinoise dans son ensemble.
De plus, comme l’ont montré Tim Flannery (2001) et Alain Testart (1982), la culture sibérienne  a, dans le passé, non seulement englobé de larges zones de l’archipel nippon et la totalité de la péninsule coréenne , mais fut aussi la matrice des pionniers qui ont envahi le continent américain par le détroit de Bering gelé il y a 12500 ans.
Alain Testart montre que les fondamentaux culturels sont les mêmes entre Goldes, Udeghes, Aïnous, Aléoutes, Indiens du Nord – Ouest et civilisation californienne.
Le tigre géant est sacré, encore aujourd’hui, aux yeux des Goldes et des Udeghes.
Présents par le passé au delà du 70ème parallèle, et d’Ouest en Est
 du Baîkal à l’Alaska, les tigres du Nord, à travers certains de leurs représentants, ont vocation naturelle à investir certains espaces situés dans ces régions.
Les éléments déterminants seront, d’une part, la capacité de réactivation des cultures traditionnelles d’origine sibérienne chez TOUTES les communautés présentes aujourd’hui sur l’arc baîkalo – californien, et d’autre part, les aléas du changement climatique qui rebattra les cartes écosystémiques de façon assez imprévisibles et sans doute contradictoires (chaos initial de la débâcle, remontée vers le Nord de la taïga euro – américaine (avec quels grands herbivores pour quels grands carnivores ? Sur quelles bases les nouveaux écosystèmes trouveront – ils leur équilibre ?
Des zones circum – arctiques européennes beaucoup plus occidentales doivent aussi faire l’objet d’estimations évolutives quant à leur capacités futures à servir de refuge aux grands fauves.
D’ores et déjà, le tigre de Sibérie est associé à un projet de long terme de reconstitution en Iakoutie orientale d’une lande à mammouth et la faune qui lui est adaptée ; le professeur Serguei Zimov y travaille depuis 1989 (un projet similaire est mené aux Etats – Unis sous la direction du professeur Josh Dolan, du Massachusetts Institute of Technology. Il envisage l’acclimatation de lions et d’éléphants d’Asie dans la prairie d’armoise.)

 

 
UN NOYAU FAMILIAL IMPLANTE AU JAPON.
A quelques centaines de kms  à l’est de la réserve russe de Sikhote Aline, où survivent actuellement les derniers tigres de Sibérie, se trouvent les montagnes d’Hokkaïdo, au Japon, qui pourraient constituer un refuge pour un noyau familial de tigres du Nord.
L’existence d’un tigre du Japon (Panthera tigris japonensis) dans le très lointain passé du Nord de l’Archipel, est aujourd’hui établi
(sa présence dans l’art japonais antique n’est pas un simple reflet  de la culture des envahisseurs coréens )
En effet, la présence de restes fossiles de tigres au Japon est attestée. Ces fossiles indiquent que le tigre japonais n’était pas plus gros que les tigres des sous - espèces des îles indonésiennes (Sumatra encore aujourd’hui, Java et Bali jusqu’au siècle dernier, et Bornéo jusqu’à l’Holocène).
Le tigre japonais est mentionné dans plusieurs ouvrages dont « Tigers in the snow » de P. Matthiessen, 1999, Harvill Press, London et « Les Tigres » par P. Picq  (photos de F. Savigny), 2004, Odile Jacob.
Qui plus est, la présence de rhinocéros, d’éléphants, de bisons et d’élans, dont les vestiges de certains étaient travaillés de main d’homme est en tout cas attestée il y a
 20 000 ans (D. Elisseeff, Histoire du Japon, Editions du Rocher, 2001).

Pendant 12 000 ans (jusqu’à l’ère Meiji, qui débuta en 1868) et contrairement à tous leurs voisins, les japonais ont  maintenu quasiment intacts leurs milieux naturels (voir le détail dans Planhol 2004). Pour eux, encore aujourd’hui, la montagne est un territoire sacré, lieu de résidence des ancêtres, qui doit rester inviolé de quelque aménagement humain que ce soit.
Et de fait, le Japon, dont les reliefs occupent l’essentiel de la superficie du Nord au Sud, est le pays développé qui, de très loin, possèdent les espaces sauvages les mieux préservés.
Certes, des obstacles significatifs de perturbation des écosystèmes peuvent être avancés pour mettre en doute la faisabilité et la viabilité d’un tel transfert.
Les massifs d’Hokkaïdo sont, cependant, de même nature phytogéologique que les monts de Sikhote – Aline. De plus, les écologistes et les chercheurs savent, désormais, aménager préalablement une zone et prendre les précautions nécessaires pour l’implantation réussie de grands animaux sauvages, comme cela a été le cas récemment pour des loups dans le parc Yellowstone aux Etats – Unis, des lions dans l’Ouest de l’Inde ( pour régler le problème de leur surpopulation dans la forêt de Gir) ainsi que des chevaux de Prezwalsky en Mongolie et en Chine occidentale.
Les écologistes japonais devraient donc, en toute bonne logique, être vivement interessés  par une telle éventualité.
La sensibilité naturaliste des japonais se retrouve dans leurs réalisations artistiques, et particulièrement au cinéma, avec Akira Kurosawa (« Dersou Ouzala » 1975, adapté du mémoire d’Arseniev mentionné plus haut, où Amba, le tigre sibérien , représente l’esprit de la forêt), Yoshi Imamura (« La ballade de Narayama », 1984, dont le personnage principal est la montagne sacrée), et le célèbre réalisateur de mangas Hayao Miyazaki (« Princesse Mononoke » 1997, où la forêt et son Dieu sont défendus par des animaux géants).
Les deux premiers étant décédés, le dernier, au même titre que Soljenitsyne, pourrait sans doute être contacté avec profit.

LA RUSSIE A LA CROISEE DES CHEMINS
Lors de l’optimum humide neolithique, la Russie a hebergé des populations considérables non seulement de tigres du nord du Baïkal au Kamtchatka, mais aussi des tigres de la Caspienne sur toute sa moitié méridionale. A cette époque, le nombre de tigres russes soutenait la comparaison avec celui des tigres indiens (plusieurs centaines de milliers).
Il est resté très important jusqu’au 16ème siècle.
Au 19ème siècle encore, les deux variétés de tigres russes restaient relativement prospères.
Par ailleurs, l’Union Soviétique puis la Fédération de Russie ont su sauver par deux fois leurs tigres du nord.
A l’heure de modifications climatiques rapides, le rôle prépondérant de la Russie, par l’accueil de tigres sauvages dans des espaces septentrionaux très étendus, se dessine.
Dans un second temps, le pays pourra redistribuer les tigres « produits » sur son sol, au même titre que la Chine ou les Etats - Unis.
De ce point de vue, la Turquie et l’Iran, hôtes les plus récents de tigres de la Caspienne, seraient à l’évidence des importateurs pressentis.

 

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*Les tigres du Nord ne vont pas jusqu’à constituer une sous – espèce, mais seulement une variété septentrionale du pool initial de l’espèce, actuellement majoritaire, Panthera tigris tigris.
Les deux sous espèces minoritaires sont :
- Les tigres des îles de la Sonde (Panthera tigris sundaïca), isolés géographiquement et génétiquement du pool majoritaire lors de l’optimum climatique holocène - il y a entre 6500 et 9000 ans –.
- Les tigres de la Caspienne (Panthera tigris virgata), isolés géographiquement et génétiquement du pool majoritaire lors de l’aride post neolithique –il y a entre 6500 et 3500 ans -.
Ils représentent une forme géante de celui – ci, comme les lions préhistoriques eurasiens Panthera leo spelaea constituaient une variété septentrionale géante du pool originel africain Panthera leo leo.
A ce titre, peut – être les tigres préhistoriques circum – arctiques et beringiens ont – ils constitué une sous variété supergéante, comme ce fut probablement le cas chez les lions pour les populations américaines de ces animaux, Panthera leo atrox.

 

 

 
 
Alain Sennepin - Rathier 42830 Saint-Priest-la-Prugne FRANCE- Tél:04 77 62 94 37